
À pleine vapeur, l’assaut des montagnes
L'émission de 2010 de la série Grandes
locomotives canadiennes se veut un hommage à
la Selkirk, produit de l’ingéniosité et de la ténacité
du génie ferroviaire, qui a ouvert aux voyageurs
la première route – et quelle route! – à travers les
montagnes vertigineuses de l’Ouest canadien.
Particularités :
Nous puisons à nouveau dans le riche patrimoine ferroviaire pour vous
présenter la « montagnarde » Selkirk, dont le nom se lit en toutes lettres
sur la tranche. Frappé dans l’argent pur à 99,99 %, le motif offre un bel
exemple de gravure traditionnelle. De quoi captiver autant le mordu
des trains que le numismate!
Motif :
Lignes pures de la 5935, une des deux survivantes de la dernière
génération de locomotives Selkirk, celle de 1949, en montre au musée
ferroviaire Exporail de Saint-Constant (Québec).
Dès qu’on décide de construire un chemin de fer à
travers le Canada, un obstacle majeur se dresse :
comment franchir les immenses montagnes s’élevant
à l’ouest du pays?
En 1929, la Montreal Locomotive Works construit
une série de puissantes locomotives de type 2-10-4,
capables de négocier le relief escarpé entre Calgary
(Alberta) et Revelstoke (Colombie-Britannique). On
leur donne le nom des montagnes qu’elles doivent
traverser, les Selkirk. Ces machines à essieux non
articulés franchissent les tunnels en spirale, la pente
de Field Hill et le tunnel Connaught, ces merveilles
du génie ferroviaire qu’on admire encore aujourd’hui.
Les Selkirk transportent marchandises et voyageurs.
Elles fonctionnent au mazout plutôt qu’au charbon,
ce qui réduit leur poids et prévient le jaillissement
d’étincelles capables d’enflammer l’épaisse forêt
environnante.
On en construira 36 en tout, selon trois modèles :
le T1-a de 1929 (nos 5900 à 5919), le T1-b de 1938
(nos 5920 à 5929), plus léger et produisant une plus
haute pression de vapeur, et le T1-c de 1949 (nos 5930
à 5935), équipé de compresseurs d’air capables de
recharger plus rapidement les freins pneumatiques,
si essentiels.
Avec l’arrivée des locomotives diesel au début des
années 1950, les Selkirk sont affectées à d’autres
lignes en Alberta et en Saskatchewan, jusqu’à leur
retrait du service en 1959. Deux d’entre elles ont été
préservées : la 5931, au Heritage Park de Calgary,
et la 5935, au musée ferroviaire Exporail de Saint-
Constant (Québec). Plus élégantes parce que mieux
profilées, elles n’ont déjà plus l’allure massive des T1-a
originales, véritables bourreaux de travail.