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Bill Reid : L’homme. La légende

Chaque année, la Monnaie royale canadienne frappe fièrement des pièces de circulation spéciales qui marquent des jalons importants du patrimoine du Canada et qui célèbrent la culture et les valeurs du pays. Le programme de 2020 s’amorce par un hommage à un grand artiste haïda et bâtisseur de ponts culturels : Iljuwas (Bill Reid).

On attribue souvent à Bill Reid (1920-1998) le mérite d’avoir fait découvrir la culture haïda au monde entier. Mais qui était ce visionnaire? Et comment un homme se définissant comme un « fabricant de choses » plutôt que comme un artiste ou un activiste a-t-il su raviver le langage visuel d’une nation? Voyons cela depuis le début.

Les débuts

William Ronald Reid Jr. a vu le jour à Victoria, en Colombie-Britannique, le 12 janvier 1920. Son père était d’origine écossaise et allemande, alors que sa mère, Sophie Gladstone, était une Haïda. À l’instar de celle-ci, Bill Reid est né au sein du clan du Loup et du Corbeau K’aadasga Kiigawaay de T’aanuu. Et comme en témoigneront plus tard sa carrière et son legs, il avait non seulement du sang haïda dans les veines, mais aussi l’âme d’un artiste.

Une grande lignée

À 23 ans, Bill Reid visite le village natal de sa mère, Skidegate, où il rencontre son grand-père, Charles Gladstone, qui travaille l’argilite et crée des bracelets d’argent gravés. Ce dernier lui fait découvrir l’art haïda et l’œuvre d’un grand sculpteur haïda du 19e siècle, Charles Edenshaw (qui est l’arrière-grand-oncle de Reid).

S’il considérera plus tard Edenshaw comme son héros culturel et son idole artistique, Bill Reid ne se met pas à explorer l’art avant la fin de sa vingtaine. Pendant son séjour à Toronto, où il travaille comme journaliste à la radio de la Canadian Broadcast Corporation (CBC), il visite le Musée royal de l’Ontario. C’est là, en voyant la collection d’œuvres de la côte Nord-Ouest, qu’il s’approprie réellement ses racines haïdas et les formes qui caractériseront son art. Il ressent une fascination particulière pour l’œuvre Strong House Pole, du village de Tanu, dans l’archipel Haida Gwaii. Inspiré, il décide de suivre les traces de son grand-père et de s’inscrire à un cours d’orfèvrerie au Ryerson Polytechnical Institute.

Aimablement fournie par le CBC.

Peut-être est-ce la beauté du Strong House Pole qui l’a mis sur cette voie, ou un intérêt grandissant pour ses racines, ou encore le fait qu’il ne pouvait plus ignorer l’artiste émergeant en lui. Quoi qu’il en soit, la suite des choses changera à jamais la compréhension et l’appréciation de l’art et de la culture haïdas, et élèvera Bill Reid au rang de légende.

Un coup du destin

Lorsque Bill Reid revient sur la côte Ouest, son intérêt pour ses racines s’amplifie de plus belle. Entre ses quarts de travail à la CBC, il crée sans relâche dans son atelier et se met à employer des techniques de bijouterie européennes pour produire des motifs haïdas. En parallèle, il continue à assimiler le langage visuel de l’art et des traditions haïdas en étudiant et en copiant les œuvres de son ancêtre Charles Edenshaw, dont il découvre les splendides bijoux aux funérailles de son grand-père. Grâce à ces œuvres, il s’immerge plus profondément encore dans l’art et la culture de son peuple.

En 1954, comme par un coup du destin, une grande occasion se présente à Bill Reid : celle de travailler pour la première fois comme sculpteur sur bois professionnel. Cette occasion transforme sa vie – il reçoit même un nouveau nom – et lui permet de faire découvrir un vocabulaire intemporel au monde entier, et d’inspirer des générations d'artistes qui suivront ses traces.

Tout commence quand le Musée royal de la Colombie-Britannique et le département d’anthropologie de l’Université de la Colombie-Britannique entreprennent de sauver et de restaurer des mâts totémiques. En participant au projet, Bill Reid a la chance d’être pris sous l’aile du maître sculpteur kwakwaka’wakw Mungo Martin. C’est aussi à cette occasion qu’on lui donne un nom haïda officiel, Iljuwas, qui signifie « viril » ou « princier ».

En 1958, un autre client d’œil du destin. Le Musée royal de la Colombie-Britannique et le département d’anthropologie de l’Université de la Colombie-Britannique se lancent dans un autre projet remarquable : la reconstruction d’une portion d’un village haïda. Bill Reid soumet sa candidature et est embauché; il quitte alors son poste à la CBC pour se consacrer pleinement à son art. Le projet de reconstruction est achevé en 1962, mais ce n’est que le début pour Iljuwas.

Photo de Robert Keziere. Aimablement fournie par le Musée d’anthropologie de l’Université de la Colombie-Britannique (Vancouver)

Une légende

Pendant les 32 années suivantes, Bill Reid continue à créer des œuvres magistrales, en combinant sa vision moderniste personnelle avec les traditions et l’esthétique haïdas. Il produira au cours de sa vie plus de 1 500 œuvres, allant des bijoux et des sérigraphies aux gravures et aux sculptures monumentales qui font sa renommée. Parmi ses œuvres les plus connues figurent Le mât de Skidegate, Le Corbeau et les premiers hommes, Skaana Chef du monde sous-marin, L’esprit de Haida Gwaii, Lootaas et La pirogue de jade.

Photos de Bill McLennan. Aimablement fournie par le Musée d’anthropologie de l’Université de la Colombie-Britannique (Vancouver).

Et c’est sans oublier la célèbre œuvre Xhuwaji, Ours grizzly haïda, reproduite sur la pièce de circulation commémorative de 2 $ 2020 consacrée à Bill Reid.

Le 13 mars 1998, malheureusement, Bill Reid perd son combat contre la maladie de Parkinson. Mais grâce à son œuvre intemporelle, à l’inspiration et à l’encadrement qu’il a fournis à d’autres artistes, et à son rôle d’ambassadeur de l’art et de la culture haïdas dans le monde, il sera célébré à jamais.

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