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Tecumseh, source de mille fables, mythes et légendes

Si Jarvis Brownlie pouvait partager un repas avec la personne de son choix, toutes époques confondues, ce serait probablement Tecumseh.

« Il avait son aura bien à lui, mais c’était avant tout un homme de résolution, de vision et de conviction comme on en rencontre rarement », explique le professeur d’histoire à l’Université du Manitoba et auteur de plusieurs articles sur le légendaire chef shawnee qui a combattu aux côtés des Britanniques durant la guerre de 1812.

Né il y a 250 ans, Tecumseh a eu une immense influence sur les relations entre les Autochtones, les Américains et les Britanniques au début du XIXe siècle, explique le professeur. Pourtant, les Canadiens en savent généralement peu sur lui, et ce qu’ils croient savoir est souvent erroné.

Certes, on a beaucoup romancé sa vie — et sa mort, le 5 octobre 1813, dans des affrontements au bord de la rivière Thames, non loin de Niagara Falls, en Ontario –, mais la véritable histoire est complexe, surprenante et tout en nuance, au contraire de ce qu’on raconte habituellement.

Pouvez-vous distinguer la réalité du mythe? Faites le test suivant!
 

Vrai ou faux?

Tecumseh est né et a grandi dans ce qui s’appelle aujourd’hui le Canada.

Faux. Tecumseh (té-com-sâ) est né en 1768, probablement aux environs de ce qui est aujourd’hui Springfield, en Ohio; son nom signifierait « celui qui va d’un endroit à un autre », une référence à une étoile filante. Même s’il a beaucoup voyagé, c’est en Ohio et en Indiana qu’il a vécu pendant la majeure partie de sa vie. L’un de ses voyages l’a mené au sud, dans la région de l’actuelle Floride. Il a plus tard mis le cap sur le nord jusqu’au Haut‑Canada pour négocier et former des alliances avec des officiers britanniques, mais il n’y a aucun doute que les terres auxquelles il était réellement attaché se trouvaient au sud du 49e parallèle.
 

Il s’est opposé à l’expansion américaine vers l’ouest et a tenté de préserver les terres et la culture déclinante des Autochtones.

Vrai. Tecumseh a grandi en des temps agités, marqués par des combats frontaliers quotidiens entre les armées autochtones et les soldats américains. Les colons américains voulaient les terres de chasse fertiles et riches en gibier. Mais les Autochtones qui y habitaient déjà n’étaient pas prêts à les délaisser et se sont battus pour qu’on arrête de les pousser toujours plus à l’ouest. Le père et l’un des frères de Tecumseh ont d’ailleurs été tués pendant ce conflit. Tecumseh a lui-même participé aux premières escarmouches, des attaques contre des colons venus s’installer dans la Vallée de l’Ohio. Des traités ont fini par ramener une certaine paix.

Or la paix était souvent éphémère. Quelque temps plus tard, le général William Henry Harrison a conclu une série de transactions foncières avec plusieurs tribus pour acquérir environ 24 millions d’hectares, ne payant dans un cas qu’environ un tiers de sou par hectare.

Tecumseh, alors un chef shawnee, a refusé de négocier. Selon lui, aucune bande et aucun chef n’étaient en droit de vendre des terres aux Américains. En fait, il croyait fermement que toutes les terres autochtones appartenaient à l’ensemble des peuples indigènes. Il allait maintenant consacrer sa vie à la création d’une confédération autochtone réunissant toutes les bandes.
 

Tecumseh était le membre le plus célèbre de sa famille à l’époque.

Faux. C’était plutôt son frère, Tenskwatawa, qui est devenu un chef religieux notable. Surnommé « le Prophète », Tenskwatawa a prédit qu’une intervention divine sauverait son peuple de l’oppression. Il croyait d’ailleurs que le conflit avec les colons blancs était dû au fait que les bandes autochtones ne pratiquaient plus leur religion originale. Il s’est aussi mis à croire que la seule façon de vaincre les colons était de les combattre par les armes. Ses idées ont trouvé écho, et il a créé le village de Prophetstown pour y réunir ses adeptes.

Mais ce sont les talents d’orateur exceptionnels de Tecumseh qui ont fait connaître les idées et les croyances de Tenskwatawa et donné naissance à un mouvement politique. Tecumseh a passé des années à voyager pour recruter des adeptes et propager le message de son frère. Ses discours, qui pouvaient durer des heures, étaient convaincants, fort raisonnés, et même poétiques.

« Vendre un pays!, a-t-il déjà dit. Et pourquoi ne pas vendre alors l’air, les nuages, la grande mer et même la terre? Le Grand Esprit ne les a-t-il pas tous créés pour ses enfants? »

Entre-temps, les Britanniques avaient entendu parler du Prophète et savaient qu’il pourrait leur être utile. Pendant la période de tension avec les Américains, vers 1807, ils recrutaient des alliés parmi les Autochtones. Ils étaient à la recherche de quelques leaders à qui ils pourraient confier de l’information confidentielle; en échange, ils leur promettaient de les aider dans les conflits en cours, et même de leur redonner des terres un jour.

Les Britanniques ne connaissaient apparemment pas l’existence de Tecumseh, si bien qu’ils ont été surpris de le trouver à la place de son frère quand ils se sont présentés au fort Malden, à Amherstburg, dans le Haut‑Canada. Mais Tecumseh les a rapidement impressionnés : l’un d’eux a même dit qu’il était « un homme très perspicace et intelligent ». Avec le temps, ils se sont mis à le voir non plus comme « le frère du Prophète », mais comme un leader à part entière.
 

Tecumseh entretenait une amitié avec sir Isaac Brock, le commandant britannique du Haut‑Canada.

Vrai. Du moins, il semble que ce fut le cas. La légende veut que Tecumseh ait fait la chevauchée aux côtés de Brock avant une attaque fructueuse à Detroit (il aurait même porté une ceinture que ce dernier lui aurait donnée comme marque de respect), mais nous n’en avons aucune preuve. Bien des écrits témoignent malgré tout du grand respect que se vouaient les deux hommes.

Sir Isaac Brock était grand et courageux, et ce courage parlait à Tecumseh. Le commandant britannique a lui-même déjà écrit ceci au sujet du chef shawnee : « Je ne crois pas qu’il existe un guerrier plus sagace ou plus vaillant. » Le commandant se ralliait en outre à son projet de création d’un état autochtone au sud des Grands Lacs.
 

Tecumseh est donc un héros canadien de la guerre de 1812, puisqu’il a été un chef militaire pour les Britanniques.

Vrai… et faux. Tecumseh voulait défendre les terres autochtones, pas le Haut‑Canada ou les terres britanniques. Il savait que si les siens perdaient leurs terres, ils perdraient aussi leur liberté. Les Britanniques faisaient appel à des armées autochtones dans leur lutte contre les Américains, et Tecumseh a combattu aux côtés des Britanniques du Haut‑Canada pour faire avancer sa propre cause.

« L’ennemi de mon ennemi est mon allié », comme on dit. Si les Britanniques n’avaient pas offert de redonner une partie des terres que les Américains avaient achetées à différents chefs, Tecumseh n’aurait probablement pas intégré leur armée. C’est seulement après sa mort pendant une bataille bâclée, le 5 octobre 1813, qu’on en a fait un héros de guerre du Canada. Lors de cette bataille, le commandant britannique (le brigadier-général Henry Procter) et ses derniers hommes ont brisé les rangs et fui, laissant les 500 hommes de Tecumseh seuls contre environ 3 000 Américains. Ce dernier était jusqu’alors tenu en haute estime comme allié, guerrier et chef.

L’héritage de Tecumseh demeure bien vivant, bien que Jarvis Brownlie avoue qu’il ne sait pas ce que Tecumseh penserait de son statut de grand héros canadien.

« Je crois qu’il trouverait cela plutôt ironique. Il a consacré sa vie à empêcher la colonisation. Il ne voulait pas que le continent soit peuplé par les colons. Et il ne s’attendait assurément pas à être adulé par leurs descendants. »

Cela dit, il est encourageant de voir que l’héritage de Tecumseh perdure, estime le professeur.

« Je trouve génial que Tecumseh soit toujours connu et qu’on l’honore. C’était un homme extraordinaire. »
 

Un hommage à l’héritage de Tecumseh

Animé du désir de protéger sa patrie autochtone et la liberté de son peuple, Tecumseh (1768‑1813) a marqué les esprits en tant que grand dirigeant de la guerre de 1812. Aujourd’hui, ses convictions, ses triomphes et ses sacrifices sont indissociables de l’histoire complexe de notre pays.

À l’occasion du 250e anniversaire de Tecumseh, la Monnaie royale canadienne célèbre la vie et l’héritage durable de ce guerrier révéré avec une pièce en or 14 carats.

Pour créer un portrait idéal du légendaire chef shawnee, l’artiste Bonnie Ross s’est inspirée de diverses sources illustrées et écrites. Présenté de trois quarts, Tecumseh est habillé de vêtements shawnees traditionnels, tels que décrits par l’un des hommes de sir Isaac Brock, et porte au cou la médaille du roi George III. La section qui surmonte son épaule droite revêt une signification toute particulière : les lieux de plusieurs de ses grands combats y sont indiqués, y compris celui de la bataille de la Thames, où il est tombé en 1813.

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